Hier soir, je suis allée à un 5 à 7 et j’y ai fait une belle rencontre. L’une de celle qui par la suite rapporte à réfléchir. J’ai discuté avec un jeune homme de 14 ans qui était accompagné de son chien Mira. J’ai toujours cru que ces chiens visaient les crises d’épilepsie… je me trompais. Pour lui, son chien le protégeait des crises que lui apporte l’autisme.

 

Et c’est la qu’entre en jeu ma réflexion, qui je l’admet est douloureuse, mais nécessaire. La maladie mentale apporte terriblement de préjugés de la part de ceux qui n’en connaissent pas les symptômes… elle n’est pas visible… elle se cache bien à l’intérieur de notre tête et de notre corps. Mais ce jeune homme lui, s’affiche aux yeux de tous avec son chien et il a dû accepter qui il est et s’affirmer en présence des gens. D’abord, il doit trouver la force de dire aux personnes qu’ils ne peuvent pas toucher, flatter son chien… et les curieux qui demandent pourquoi il est accompagné, il doit avoir le courage de dire; je suis autiste. Ce n’est vraiment pas un défaut ou une honte… loin de là. Ce garçon m’a parlé de ses lectures durant 35 minutes… et je me revoyais en lui. À l’époque où mon premier chick lit m’a fait comprendre que je n’étais pas épaisse et que j’avais un cerveau normal comme tout le monde.

 

Alors pourquoi se cache-t-on de ce que l’on ressent?

 

Aujourd’hui, je vais dire haut et fort ce que me cause mon anxiété quotidienne. Des critiques… j’en aurai sûrement… mais j’ose croire que si je veux pouvoir aider, en coaching ou en conférence les gens qui vivent avec cela, les commentaires désobligeants et méchants ne feront que me rendre plus forte.

 

D’abord, je ne SUIS PAS l’anxiété. Je la ressens, je la combats et je la vaincs à petits pas.

 

Mes exemples ne sont pas les mêmes pour tous… je ne suis pas en train de vous dire que ce que je vis, tout le monde vit la même chose. Je parle pour moi… dans l’espoir que quelqu’un qui le vit aussi se reconnaisse et soit apaisé ne serait-ce qu’un tout petit peu.

 

Être anxieuse, c’est:

– C’est tourner la poignée de porte 4-5 fois pour s’assurer qu’elle est barrée… s’asseoir dans la voiture et devenir incertaine si elle est barrée malgré les nombreux « check-up ». Parfois réussir à garder le contrôle et partir, parfois ressortir pour aller vérifier une autre fois;

– C’est voir une couette de travers et s’en faire toute la journée en se disant que je fais dure, passer mes doigts dans mes cheveux pour me donner l’impression que je replace un peu mon allure ou me faire une « toc » sur la tête pour ne plus y penser;

– C’est d’être ambivalente à prendre des décisions par moi-même. Croire que mon propre jugement ne vaut rien. Demander à plusieurs personnes autour de moi, pour trouver ne serait-ce que la personne qui a une opinion qui s’approche de la mienne et enfin choisir, en me sentant confiante de mon choix. Dans l’erreur, je ne me sentirai pas nulle parce qu’au moins une personne pensait comme moi. Attention: Il n’est pas question de mettre la faute sur l’autre personne… pas du tout. C’est en dedans que ça se passe.

– C’est de ne pas être capable de dire non. Parfois même trouver des excuses (s’ajouter une tâche supplémentaire qui n’était pas à l’horaire et la faire véritablement), pour éviter de dire non. Éviter de décevoir ou de fâcher la personne;

– C’est avoir peur de décevoir;

– C’est avoir peur de déplaire;

– C’est avoir peur de ne plus être aimé / apprécier;

– C’est avoir la phobie d’être jugé (On s’entend qu’en ce moment, je sors ma zone de confort et pas à peu près);

– C’est m’empêcher d’être qui je suis vraiment en présence d’autres personnes. Un seul regard et hop, ma tête m’envoie que la personne me juge sur mon parler, mon apparence, mes opinions;

– C’est juger mon corps qui change, celui dont je ne prends pas assez soin d’ailleurs;

– C’est n’avoir envie de rien faire et me traiter de lâche. Tsé l’inutilité totale de se taper sur la tête. Ça n’a jamais fait avancer personne;

– C’est éviter de me mettre dans des situations ou je risque l’échec, la critique, l’inconfort trop intense;

– C’est de combattre à longueur de journée des pensées néfastes dans ma tête à mon sujet. Être épuisée en fin de journée, vouloir me coucher tôt et me faire dire que je suis plate, que je suis une vieille fille… et le croire! ;

– C’est pleurer pour ce que d’autres qualifieront de: pleurer pour rien. Me faire dire: arrête-la. Retrousse-toi les manches, arrête d’en faire tout un plat, c’est toi qui amplifies tout – À ce propos… ce sont des répliques inutiles. Hey on ait anxieux pas épais! Pensez-vous que si nous pouvions reprendre le contrôle et retrousser nos manches comme vous dites si bien, qu’on ne le ferait pas? On a pas de fun à être comme ça… dans des crises, on a besoin d’être écouté et épaulé… pas jugé et recevoir des paroles poche de même. Dans ce cas, vaut mieux ne rien dire;

– C’est qu’étrangement, je traîne avec moi beaucoup trop de choses. Parce que j’angoisse au fait d’avoir besoin de quelque chose dans ma journée et de ne pas l’avoir;

– C’est de dépenser trop. Que ce soit dans une crise pour ressentir un apaisement momentané ou pour combler un vide en soi. Une fois l’achat en main, il ne suffit que de quelques minutes pour ressentir la culpabilité et hop, la tête commence avec les critiques de notre action/réaction;

– C’est d’avoir des oublis… beaucoup! Des choses à faire, des discussions, des conseils, même mon passé. Bizarrement, j’aurais pu angoisser et croire que j’avais une maladie mentale grave… que mon cerveau était affecté… mais je crois plutôt qu’une blessure passée bloque mes souvenirs. Que quelque chose dont je ne me souviens évidemment pas met un mur entre moi et ma vie d’enfance, d’adolescence. Doucement, j’avance vers ce mur dans lequel je bâtirai une porte pour un jour l’ouvrir… mais à ce moment, j’aurai les outils en main pour affronter ce qu’il y a derrière;

– C’est de chercher mille et un outils pour s’aider, en trouver, mais n’en utiliser aucun (ça, j’ai pas encore trouvé pourquoi… c’est un peu tata);

– C’est ne pas se donner d’objectif, de but, en pensant déjà que c’est voué à l’échec;

– C’est fuir l’amour et l’amitié… pour éviter de se faire demander de changer… Je passe mes journées à me critiquer… une personne de plus, serait une personne de trop;

– C’est ne plus prendre de décision à l’avance au découragement de mes proches;

– C’est changer d’idée 45 fois dans une journée.

 

Je pourrais continuer ainsi tellement longtemps. Je pourrais partir du premier instant ou je m’éveille le matin jusqu’au moment de dormir – non pas d’aller dormir, parce qu’entre le coucher et le moment où ma tête me fou la paix, il peut y avoir 20 minutes, 40 minutes, 1 heure… 2 heures… mais ça, pas besoin de vivre de l’angoisse pour chercher le sommeil. Plusieurs personnes vivent avec ce problème.

 

D’ailleurs, pour finir, autre réplique inutile… On est au courant que nous ne sommes pas les seuls à vivre avec ce problème… de ma dépression majeure à 19 ans jusqu’à aujourd’hui, à l’instant même où je vous écris, je n’ai jamais pensé que j’étais la seule à vivre ça. Mais c’est quand même moi qui dois lutter contre la douleur à l’intérieur… Qu’une autre personne le vive, ça me désole… mais ça n’enlève pas mon mal…

 

TAG (Trouble d’anxiété généralisée) … 3 lettres à mon dossier médical.

 

3 lettres que je prendrai le temps de changer au fil du temps. 3 lettres que je dois me répéter constamment qu’ils ne définissent pas qui je suis… l’anxiété est un état, une émotion… pas une personnalité, pas une qualité ou un défaut…

 

J’ai fait mon certificat en coaching pour aider les personnes qui ressent ce mal-être destructif et si douloureux.

 

Parce qu’en faisant un pas à la fois, dans la douceur et l’acceptation, un jour je crierai haut et fort:

Tu

As

Gagnée!