Le dernier livre qui m’avait secoué émotionnellement date de plusieurs années. Malgré les plus tristes histoires, je ressens rarement un serrement à la gorge, ou un début de larmes au bord de l’œil.

Sauf aujourd’hui…

J’ai eu l’opportunité de lire le livre le plus profond en peine, en deuil et en vie de toute ma vie! Je suis subjuguée par le talent de l’écrivaine à décrire ce qu’elle a vécu avec une exactitude si parfaite que nous ressentons un pincement au cœur. Seules les personnes ayant vécu ce deuil peuvent comprendre l’atroce douleur ressentie dans la perte d’un bébé, pas encore à terme.

Katherine nous raconte, avec une grandeur d’âme spectaculaire, probablement l’épreuve la plus cruelle et douloureuse de sa vie, lorsqu’elle apprend que son fœtus est atteint d’une maladie provenant du Lac-Saint-Jean qui, à cette époque, ne garantissait pas un taux de survie élevé.

Elle et son conjoint devront affronter la tempête, en se laissant même enliser sous les émotions trop fortes, trop difficiles à vivre, à parfois même se questionner sur son désir de vivre…

La peine, mais surtout la culpabilité d’avoir à choisir de la vie ou la mort, d’un être à peine formé, n’ayant même pas encore pris sa première respiration d’air frais… comment faire? Comment savoir?

Je suis absolument au maximum de mon empathie envers cette femme, ce couple, cette famille qui a bravé les vagues d’une mer terrifiante, accaparante et trop grosse pour une et une seule personne. Ce livre permet de saisir l’importance de la vie, la fragilité de celle-ci, mais aussi la chance inouïe d’avoir les gens qui nous entoure!

Parce que la vie, c’est aussi celle qui bat en nous!

L’Enfant d’avril

Katherine Girard

Les éditions JCL