Je sais… le titre fait peur. 6 mots qui pourtant, peuvent avoir plusieurs sens.

Et c’est pourtant ce que j’ai envie de dire ce soir, alors que je viens de comprendre une grande partie de ma mauvaise habitude que l’on appelle l’auto sabotage.

Il est facile de mettre la faute de ce qui nous manque, de ce que nous n’avons pas, entièrement sur la vie. Et pourtant… attache ta tuque parce que ce que je vais te dire risque de t’ébranler… c’est TA faute.

Je t’entends me dire : j’ai perdu mon emploi, ce n’est pas MA faute… j’ai tel problème de santé… ce n’est pas MA faute….

Premièrement, je ne débattrai pas là-dessus. Pas parce que je m’en fou. Bien au contraire. Mais parce que la journée où tu te soucieras assez de toi pour admettre que tu as ta part de responsabilité, tu auras fait un pas devant. Et je t’attendrai de l’autre côté de cette ligne que tu franchiras.

Et attention! Je le fais encore! Dans un moment de douleur, de peine, le temps que les émotions passent, c’est bien plus facile de mettre la faute sur quelque chose ou quelqu’un d’autre.

Ma dépression… je l’ai vécu parce que je voulais plaire à tout le monde. Je disais oui alors que je voulais dire non. Je me comparais constamment à tout le monde. Je me dénigrais à longueur de journée. Et cet après-midi, où en parlant à ma mère au téléphone elle m’a dit : Ok la Pam… c’est assez. Tu ne vas pas bien. Va voir un médecin. J’étais allée jusqu’à accepter un emploi pour me sentir aussi «hot» que mon frère. Et enfin, mon cœur y a mis un stop final.

J’y suis allée… et le papier avec lequel je suis sortie, sur lequel un diagnostic était écrit, je l’ai détesté pendant des années. J’avais vécu une adolescence à combattre mon envie d’être qui j’étais réellement, mais à faire le contraire pour me sentir aimée, pour avoir des amies, pour sentir que je valais quelque chose. Des années à avoir honte de ma personne, de chaque parcelle de ma peau. Et là, la vie m’envoyait une dépression.

Euh excuse-moi la vie, mais on va devoir jaser!

Comment je vais vivre avec ça moi? Pis comment je vais faire pour expliquer à mon entourage que je dors tout le temps, que je n’ai pas envie de rire, ni envie de ne rien faire.

Je n’ai pas réussi à m’affirmer de toute mon adolescence pis là tu me garoches ça au visage? Non, mais je n’ai pas assez souffert quoi?

Bien justement! La dépression était la parce que j’avais trop longtemps fait endurer le mal à mon âme. Et là mon corps me disait… je suis fatiguée de me battre contre toi.

Depuis, sans que je le réalise, je repousse tout ce qui risque me faire à nouveau sentir cette douleur. Et je l’ai compris seulement lorsque j’ai pris le temps d’aller à l’intérieur de moi et que je me suis demandée :

Pourquoi tu repousses les relations amoureuses / amicales?

Pourquoi tu procrastines ce qui pourrait pourtant t’aider à avancer?

Pourquoi tu recules au moment où la vie t’offre l’opportunité de faire un pas devant?

Et j’ai ressenti la réponse…

Je ne veux plus souffrir! Je ne veux plus ressentir cette peine qui à cette époque, couvrait chaque partie de ma peau. Cette douleur qui avait pris contrôle de mon âme. Cette honte qui empoisonnait ma vie.

Je ne sais pas plus quoi faire avec cette nouvelle réalisation. Mais j’ai moins peur. La prochaine fois que je voudrai m’échapper d’une situation, je saurai pourquoi je le fais… et je pourrai être plus douce envers moi-même. Je pourrai même aller jusqu’à essayer de trouver des solutions comme je le ferais avec quelqu’un qui me demande conseil.

Parce que ne plus vouloir souffrir, c’est apprendre à s’aimer toujours un peu plus.

Un pas à la fois.