Depuis quelques années, nous entendons beaucoup parler du processus d’apprendre à dire non. Parce que la plupart d’entre nous, pour éviter de décevoir l’autre, nous dirons oui alors que notre coeur nous envoie très clairement le sentiment contraire.

Alors pourquoi nous nous infligeons-nous une telle lourdeur?

Pour ma part, j’ai remarqué que le sentiment que ça m’apporte, de le faire contre mon envie réelle est moins difficile à supporter que de refuser et de ressentir la culpabilité augmentée au fil des minutes. Que ce soit dire non pour un coup de main, pour assister à un événement, pour aller souper quelque part, pour aller marcher, même pour prendre la place d’une plage horaire d’un rendez-vous qui s’est désistée. Je regarde l’heure… et lorsque je sais que je suis censée y être, la boule d’angoisse se forme au fond de mon ventre. Je me retiens pour ne pas changer d’idée tellement mon sentiment de culpabilité est fort.

Suite à cette réflexion sur le fait d’apprendre à dire non, plusieurs exercices ont été écrits dans les livres pour nous aider. Écrire dans un journal toutes les fois où nous aurions voulu dire non, mais se pardonner par la suite de ne pas l’avoir fait. Débuter par des petites choses… ne pas vouloir s’affirmer haut et fort à tout moment et risquer d’être brusque plutôt que de simplement se respecter.

Il m’a fallu plusieurs années pour commencer à dire non… mais j’ai justement voulu y aller trop vite… et j’ai donné l’image contraire à ce qu’était mon objectif. Les gens ne me reconnaissaient plus. Il me trouvait distante et bête.

Tranquillement, je me suis radoucie et j’ai expliqué à mes amies qu’à l’adolescence, je me suis fait constamment dire que j’étais plate et bla-bla-bla parce que je n’aimais pas sortir… et qu’aujourd’hui, à l’âge adulte, ça m’agresse. J’ai spécifié que quand je dis non à une demande, peu importe de quoi il s’agit, si ma réponse est non, ne pas insister. Il est assez difficile de se respecter, si en plus il faut refaire le processus 4-5 fois… voyons donc! C’est plutôt l’autre qui ne nous respecte pas dans ce cas. Mes amis ont compris… il arrive quelques fois qu’ils s’échappent, mais on le prend en riant.

D’ailleurs, la raison de mon article aujourd’hui est… apprendre à dire non, c’est bien beau. Mais acceptons-nous de le recevoir? Je connais des personnes qui se faire dire non est une chose impensable.

Je donne toujours à tout le monde.. Quand c’est mon tour, ils sont mieux de dire oui.

Je passe mon temps à offrir mon aide… je ne peux pas croire que quand ce sera mon tour je ne recevrai pas la même chose.

La décision que vous prenez de donner de votre temps, de votre énergie, de vos trop peu nombreuses heures dans une journée… ça vous appartient. Si vous offrez pour recevoir en retour, arrêtez! C’est comme donner un cadeau en souhaitant que la personne nous en achète un en retour. Le faites-vous par amour ou pour mettre en banque les reproches?

Je peux comprendre que lorsqu’on demande un service ou de passer une soirée avec une amie, le refus peut être décevant… mais les fois où c’est nous qui avons dit non… on oublie ça et on met la faute sur le dos de l’autre?

Avez-vous pris le temps d’analyser votre capacité à dire non… mais aussi à recevoir un non comme réponse?

Moi oui… et c’est en partie pourquoi j’écris ceci aujourd’hui. Parce que j’ai dû avoir un petit pep talk avec moi-même. La fameuse phrase: ne fais pas aux autres ce que tu ne veux pas te faire faire… bien ça s’applique ici aussi.

Si tu n’aimes pas quand les autres insistent… le fais-tu?

Exercice:
Prends un cahier de notes et écris 3 choses:
1- Quand as-tu dit oui alors que tu voulais dire non et comment te sentais-tu?
2- Quand as-tu reçu un non comme réponse et que tu as senti une frustration?

3- Comment as-tu réagi et comment aurais-tu voulu que l’autre réagisse dans ta situation?

L’objectif n’est pas de se blâmer… mais de prendre conscience de nos pensées et réactions afin de reprendre le contrôle.